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Actions ou obligations, comment faire le bon choix ?

Qu’est-ce qui différencie une action d’une obligation? On pense d’abord au profil des investisseurs: spéculateurs audacieux contre père de famille frileux. Mais vraiment juste?

Toute personne qui souhaite investir son épargne s’interroge: faut-il acheter des actions ou des obligations? C’est le b.a.-ba de la finance. Ce qui distingue ces deux véhicules de placement, c’est le profil de l’investisseur, autrement dit le type de risques que celui-ci veut prendre et ses objectifs financiers. Les obligations, placements relativement sûrs dits de père de famille, permettent de préserver le patrimoine. Les actions, plus risquées, peuvent faire fructifier votre capital plus rapidement mais aussi en amputer tout ou partie brusquement. Pour d’autres, les actions seraient aussi des obligations. C’est là une vue de l’esprit. Pour le démontrer, faisons un petit détour par la comptabilité. Rassurez-vous: ce sera facile à comprendre même pour ceux qui parmi vous n’ont pas un doctorat en économie.

L’émission d’actions et celle d’obligations constituent pour les entreprises deux moyens de lever des capitaux auprès du public afin, par exemple, de financer des investissements. L’action désigne une participation dans une entreprise. En général, on ne la rembourse pas. L’obligation est un emprunt appelé, en anglais, «bond», comme James Bond. Elle est remboursée à 100% à l’échéance.

En comptabilité, actions et obligations s’inscrivent au passif du bilan. Les premières s’affichent en haut de la colonne des sources de financement, les secondes en bas. Ces positions ne sont pas anodines. L’action est un titre de propriété. Il est donc comptabilisé parmi les capitaux propres. Une obligation, elle, est un titre de créance. Il figure parmi les dettes. L’actionnaire, en tant que copropriétaire de l’entreprise, a droit à une part des bénéfices sous forme de dividendes et à une fraction du produit de la liquidation en cas de dissolution de la société. Il bénéficie aussi d’un droit de vote lors de l’assemblée générale.

Il existe une source d’inquiétude permanente pour l’actionnaire. C’est le cours de l’action en Bourse, qui évolue en fonction de la marche des affaires. Quand l’entreprise va bien, elle peut verser des dividendes et son cours monte. Lorsque les résultats sont moins brillants, la valeur de l’action peut piquer du nez. L’actionnaire voit alors son capital fondre comme neige au soleil. La situation du détenteur d’obligations est plus stable. C’est un créancier, qui est rémunéré à travers un taux d’intérêt fixe, de 1 à 5% en général, appelé coupon et versé par l’émetteur chaque année, quelle que soit la marche des affaires et cela durant toute la durée du prêt souvent comprise entre 5 et 10 ans. N’étant pas copropriétaire, il possède un titre à revenu fixe.

L’émission d’actions et celle d’obligations constituent pour les entreprises deux moyens de lever des capitaux auprès du public afin, par exemple, de financer des investissements.

Outre les entreprises, les Etats se financent aussi en émettant des obligations. On parle alors d’obligations d’État. En Suisse, ce sont les obligations de la Confédération. L’État étant un emprunteur qui fait très rarement faillite, le non-versement des intérêts est plutôt rare. De plus, tout retard de paiement détériore la solvabilité du débiteur. Il lui sera par la suite, plus difficile – entendez plus coûteux, d’emprunter. Les obligations ont aussi une valeur marchande et leur prix peut chuter si les taux d’intérêt prennent l’ascenseur, par exemple. En période de taux d’intérêt faibles, les obligations rapportent alors davantage qu’un compte en banque. Leur cours monte. Même si c’est irrationnel, la situation financière de l’entreprise influe aussi la valeur de ses obligations. En effet, si une société endettée traverse une passe difficile, cela ne signifie pas forcément qu’elle ne versera pas d’intérêt à la date prévue ou ne remboursera pas à l’échéance le capital emprunté.

Le cours des actions, plus volatil, monte ou descend davantage que celui des obligations. Ce qui offre des possibilités de gains importantes et des risques de pertes plus élevées. L’obligation peut paraître ennuyeuse. Elle rapporte certes un intérêt annuel. Mais, en attendant, il ne se passe rien ou presque. En langage technique, cette différence de rendement s’appelle la prime de risque. En Suisse, les obligations sont aussi fiscalement moins avantageuses que les actions. Puisque le fisc impose les revenus du patrimoine tandis qu’il exonère les gains en capitaux (mais pas les dividendes). Depuis la crise financière et économique de 2008, la réputation des obligations a souffert. Les Junk Bonds, les obligations pourries, ont plumé des millions d’épargnants. Plus personne n’est à l’abri des turbulences du marché. Pour les investisseurs, la seule certitude désormais, c’est qu’il n’y a plus aucune certitude.

Est-ce temporaire? Qui sait? Après tout, nous traversons une période singulière où les comptes bancaires et les obligations de la Confédération ne reversent que très peu, voire aucun intérêt. Dans certains cas, les banques facturent même des taux d’intérêt négatifs. Si le cours de l’action peut tomber à zéro, en cas de faillite, celui des obligations aussi. Néanmoins, historiquement, le nombre de cas où les obligations n’ont pas été remboursées est inférieur à celui des actions qui se sont effondrées et ne se sont pas redressées. Pourquoi? En raison de la différence entre propriété et dette. En cas de banqueroute, on rembourse les créanciers d’abord. Les actionnaires, eux, se partagent ce qui reste. Si votre objectif est de préserver votre patrimoine, alors une obligation d’Etat reste un placement bien plus sûr. Cependant, gardez-le à l’esprit, comme le dirait James Bond: le risque zéro, ça n’existe pas.

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